Accueil du siteLa formation humaniste au Collège pour adultes Alice-RivazContributions
Jean-Pierre BAENZIGER
Une trajectoire humaniste
Maturité obtenue en 1999 (à l’âge de 71 ans)
mardi 30 septembre 2008

J’ai trouvé une définition de l’humanisme qui me convient :

« Un anthropocentrisme réfléchi qui, partant de la connaissance de l’homme, a pour objet la mise en valeur de l’homme ; exclusion faite de ce qui l’aliène de lui-même, soit en l’assujettissant à des vérités et à des puissances supra-humaines, soit en le défigurant par quelque utilisation infra-humaine. » (Entretien d’été de Pontigny, 1927, cité par A. Lalande dans « Vocabulaire technique et critique de la philosophie », PUF).

Cette mise en valeur de l’homme, tous, sans doute, la cherchent ; chacun désire réduire l’écart qu’il ressent entre un moi supérieur idéal et son propre moi naturel.

Cette quête prend des cheminements différents, individuels.

Le Collège pour adultes offre une de ces voies ; elle a le mérite de ne pas être un « cul-de-sac » ; elle peut ouvrir sur l’université ; c’est une voie balisée.

Mais elle a ses contraintes, son code de la route ; elle implique une discipline stricte : présence aux cours, acquisition de l’enseignement, préparation des devoirs et des épreuves ; elle exige des sacrifices, car le parcours se fait presque toujours parallèlement à une activité professionnelle ou ménagère, pendant les heures normalement consacrées aux loisirs ou au repos.

Le cas échéant, les études deviennent une affaire de famille, impliquant le ou les partenaires ; il faut renoncer à des distractions communes, modifier certaines habitudes ; ainsi, retarder le dernier repas en fonction des cours du soir – mais ce souper est souvent enrichi par la transmission au partenaire du savoir justement acquis.

Sacrifices, renoncements, …

Mais, en compensation, au Collège, un climat studieux, stimulant, roboratif, qui gomme les cahots du chemin, les frustrations, les découragements inévitables ; une ambiance de labeur attentif, où l’enseignant - toujours excellent, toujours disponible – devient un « complice » : une proximité précieuse, unique, que l’on ne retrouvera pas à l’université ; un joyeux travail d’équipe où tous s’entraident.

Et puis il y a l’enrichissement « endogène », dû au « mélange des genres » :jeunes, moins jeunes, « hors-d’âge », états civils divers, professions multiples, etc. tout ce petit monde se côtoie, s’influence, s’enrichit réciproquement en suivant temporairement une même trajectoire.

Trajectoire faste, bénéfique, élévatrice, humaniste !

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