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dimanche 23 septembre 2007
Vous avez été, ou non, élève au Collège de Genève, vous avez un avis sur les matières enseignées, leur utilité ou, au contraire, leur désespérante inadéquation avec notre monde de rendements et de haute technicité ? A quoi bon le grec, le latin, la philosophie, la littérature, les arts etc. ? Donnez votre avis, écrivez un ou des articles, répondez aux articles publiés.
 
Messages de forum :
Nos très chers professeurs
mardi 25 septembre 2007
par  GuiZmo

De nos très chers professeurs (prenez ici le terme professeur tant au masculin qu’au féminin évidemment, dans notre société épicène, nous ne pouvons nous limiter à écrire au masculin), il y en a certains que nous n’oublierons jamais. En effet, il y en a certains dont nous retiendrons leur rhétorique hors du commun et leur passion d’enseigner, alors que pour d’autres nous retiendrons les interminables tirades et les heures de colle reçu ça ou là pour un soupir placé au mauvais moment. Cependant, n’est-ce pas ici le doux stress des écoliers que de s’imaginer, durant leurs deux mois de vacances estivales, quels professeurs leurs mèneront la vie dure durant l’année ? Je me souviens encore de ce jour de rentrée quand empli d’un stress nous nous dirigions vers les panneaux d’affichage et que nous découvrions dans quel galère nous allions nager cette année. Quel souffrance intense de se rendre compte que notre camarade de classe de l’année d’avant n’est plus avec nous, quelle délivrance que de voir le cancre de la classe redoubler, mais surtout quel supplice de se rendre compte que nos peurs de l’été étaient fondées. Cette nostalgie des jours de rentrée est aujourd’hui plus qu’un lointain parfum. Je me vois aujourd’hui, dans le monde du travail, parler avec les anciens Calvinistes de cette époque où nos professeurs étaient toute notre vie. Se souvient-on encore de ce professeur de Chimie, qui derrière ses lunettes, nous rappelait la loi de Boyle ou encore que la solution allait précipiter, mais "ça vous le serez en assistant au prochain cours". N’oublions pas les cours de Biologie avec ce professeur, qui derrière son masque de plongée, nous vantait les spécificités du poulpe et qui avec sa voie grave et sa cigarette nous rappelait à l’ordre lorsque nous nous égarions avec nos vélos. De nos chers doyens, nous aurons tous notre préférée ou notre préférée, mais il y en a un qui dans ma mémoire restera croché. Ce même doyen qui jamais ne laissa fermé sa porte à mes interminables complaintes. Derrière son sourire malicieux et fort sympathique, n’oubliait jamais de me rappeler que mon devoir d’élève était de passer l’année et de réussir la matu. Mon très cher doyen, n’aviez-vous pas vu que, comme le renard, ma ruse m’appelait à partir de ce collège sans ma matu ? Perché du haut de son clocher ou plutôt sous ses mansardes ancestrales, la Direction et les services sociaux attendaient impatiemment les élèves égarés ou désobéissants afin de les remettre sur le droit chemin. Que le chemin peut paraître long durant ces quatre années passées entre les 4 bâtiments et cette cour où nous voudrions nous perdre pour ne pas rentrer en classe.

De ces magnifiques années, je retiendrai et j’arborerai un joli T-Shirt au nom de ma volée et de longs et magnifiques souvenirs ternis ici ou là par des remontrances de professeurs pas très délicats.



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Nos très chers professeurs
mercredi 20 février 2008
par  Qu’a le vin

Nos très chers professeurs :

Au Collège Calvin, nous avons tous eu des professeurs qui ont marqué pour des (bonnes ou mauvaises ) raisons nos mémoires désormais vacillantes.

Nous nous bornerons à évoquer, en ces temps du ’non smoking correct’, un prof de maths qui, tout en nous laissant tirer en douce sur l’un de ses odorants boyards, nous racontait l’ épopée de première bombe A française dans le désert algérien ; on gardera aussi un souvenir adolescent et ému de ces longues quêtes à la recherche d’une ’irrealität’ à tout jamais perdue entre les yeux bleus aux reflets lapis lazuli et de la longue chevelure blonde d’une bien réelle professeur d’allemand ; on saluera encore la hardiesse vestimentaire d’un professeur d’histoire (encore en exercice aux dernières nouvelles) qui portait cravate à rayures club et costume blanc à la Joe Dassin, en un temps oú les ravages post-soixante-huitards nous obligeaient au port de l’uniforme jeans-pull en laine écrue ; comment ne pas oublier ce sosie de Michel Tournier qui nous a tant donné le goût pour l’écriture, et ce prof de philosophie dont le charme latin ne laissait pas insensible une grande partie de la gent féminine ; d’autres nous inspiraient respect mêlé de crainte, telle cette enseignante qui, dans le froid sépulcral d’un barraquement digne du Stalag 13, nous traitait de veaux- alors que nous nous essoufflions sur le rythme lénifiant d’une bourdonnante scantion. A tous et à toutes un grand merci---- Puissions nous (utinam + subj) en retrouver certains l’année prochaine !

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