Accueil du siteEvénements Concerts
Une création mondiale
Jacques Siron, Les rêveries du balladeur buissonnier
mercredi 1er avril 2009

L’instrument du projet ? L’Orchestre du Collège, une grande bande qui joue des monuments symphoniques depuis près de cinquante ans. L’esprit du projet ? Un jeu, un sourire philharmonique, une révérence irrévérencieuse, un clin d’œil, une fête à jouer par des collégiens. On les connaît ces collégiens, tireurs de sonnettes, graffiteurs de barbichettes, chahuteurs qui se répandent dans la cité en bandes joyeuses et mouvementées. On sait leur enthousiasme et leur ferveur. Et leur soif de musique. On les voit qui baladent autour de leur cou des petites puces électroniques reliées à des écouteurs. Ces puces leur chantent à l’oreille des morceaux qui s’enchaînent en sautant les barrières de style. Les collégiens n’incarnent-ils pas l’ère du patrimoine incertain ? La Grande Musique a perdu son splendide isolement en voisinant les pires des bâtards, l’écoute devient bariolée, le coq saute à l’âne, le pot est désormais pourri. Rions avec les collégiens de la chute de la monoculture musicale, décalons joyeusement. Inventons des vertiges, des sensualités surprenantes, des visions du monde insolites, des poésies insoupçonnées. Invitons la symphonie, la musique populaire, le jazz, quelques textures et matières concrètes, quelques échos du monde. Esquissons des pas de danse sur ces frontières. Trouvons dans les ruines des certitudes de nouveaux lieux où loger l’esprit. Vaste programme, qui nécessite toutefois de la modestie. Car comme dans tout processus vivant, une composition démarre avec des intentions qui courent toujours le risque d’être métamorphosées, relues à l’envers, transgressées. Sans compter que l’on n’est jamais à l’abri d’une farce, avec cette bande de collégiens qui jouent à saute-mouton dans les monuments en tirant la barbichette de Calvin.

Jacques Siron

Médecin de formation, dès 1975 J. Siron se consacre à la musique qui a très tôt fait partie de son univers.

Après des études de piano et de violoncelle, J. Siron se tourne vers la contrebasse qu’il travaille avec Francis Marcellin au Conservatoire de Lausanne. Très vite, il passe d’un répertoire classique à la musique improvisée. Il joue tant en Suisse romande qu’en Suisse alémanique, tant en France, en Allemagne, en Italie qu’aux Etats-Unis. Il se produit en compagnies de différents groupes, en concerts et en tournées qui l’ont amené jusqu’aux confins de l’Europe (Pays baltes), en Russie en Inde et à Madagascar. En automne 1984, il fonde le quartet SMAC avec qui il donne des concerts dans toute l’Europe.

Il intègre peu à peu la voix dans ses productions et s’associe avec des chanteuses comme Christine Schaller, Patricia Tondreau et Soraya Berent. Au fil des années, J. Siron développe sa participation à des spectacles comme improvisateur, compositeur et/ou acteur : adaptation de textes littéraires (Julio Cortazar, Francis Ponge, etc.), accompagnement de danseuses (Manon Hotte), de comédiens (Laurence Rochaix, Fabienne Guelpa, Nicolas Rinuy, etc.) ou de plasticiens (André et Irène Dussoix, Dominique Fontana, Stéphane Brunner, etc.). Dès 1999, il développe une collaboration régulière avec Vincent Aubert.

Une production discographique riche de près de vingt disques accompagne ce parcours plein d’invention.

En parallèle, il mène une activité de composition et d’arrangement : musique jouée dans le cadre de festivals (La Bâtie, etc.), d’événements, de spectacles ou de films de Tanner et de Godard ou encore interprétée par des chanteurs (Yvette Théraulaz, etc.). Les rêveries du baladeur buissonnier viennent ponctués cette activité de création tout en jetant un regard en arrière sur un parcours qui est né dans le giron familial et qui n’a cessé de se renouveler jusque dans la génération des collégiens d’aujourd’hui faits à toutes les musiques et passant d’une musique à l’autre avec une facilité déconcertante.


POUR UN ORCHESTRE
 :
L’ORCHESTRE DU COLLEGE DE GENEVE

Ayant cessé d’exister dans l’immédiat après-guerre, c’est à Paul-Louis Siron que reviendra la tâche de ressusciter un orchestre au Collège au cours de l’automne 1961. Réunissant modestement six flûtes, huit violons, quatre violoncelles, un hautbois, deux clarinettes, deux trompettes, deux cors et quelques pianistes, il donnera son premier concert public le 17 mai 1962. Rapidement l’ensemble va accueillir toujours plus de jeunes instrumentistes et en particulier dès 1969 de nombreuses jeunes filles.

Un répertoire ambitieux

Malgré un renouvellement annuel du tiers de l’effectif environ, l’ensemble aborde, sous l’impulsion de son chef, des programmes toujours riches et ambitieux. De Bach à Bartók, de Vivaldi à Verdi, le répertoire qu’il propose à son public, seul ou en collaboration avec divers chœurs, est de plus en plus varié. L’Orchestre du Collège de Genève n’est pas effrayé, à l’occasion, de créer des œuvres nouvelles.

Un orchestre qui sort des murs

Dès les débuts, il sera invité à se produire hors des limites du canton. Tout d’abord modestement en Suisse romande puis aux Festivals de Vienne, d’Aberdeen, à Prague, Salzbourg, Rome pour aller enfin, en juillet 1984 à Pékin et en Mandchourie. Tous ceux qui eurent la chance de participer à l’une ou l’autre de ces tournées en garderont toute leur vie un souvenir merveilleux.

La deuxième génération

Lorsque Paul-Louis Siron prend sa retraite en 1990, il faut lui trouver un successeur. Celui qui pendant tant d’années, avec patience, gentillesse et sérieux, avait offert à d’innombrables générations de jeunes musiciens leurs premières émotions artistiques trouve son successeur en la personne de Philippe Béran. Ce jeune et brillant clarinettiste, chef d’orchestre, professeur de physique, doué d’énergie et d’enthousiasme relève le défi. Philippe Béran lance son orchestre dans des aventures palpitantes.

Des engagements diversifiés

Philippe Béran monte de nombreux opéras dont Bastien et Bastienne de Mozart, L’Arche de Noé et le Petit Ramoneur de Britten en collaboration avec l’Opéra de poche. Il crée, avec les écoles primaires du canton, un conte pour enfants - Le Petit Poucet d’Isabelle Aboulker. Enfin, il se lance dans le ballet en produisant Casse-Noisette de Tchaïkovski avec les écoles professionnelles de danse classique de Genève. Il ajoute à ce palmarès plusieurs expériences inoubliables en associant l’Orchestre du Collège à l’Orchestre de la Suisse Romande (Boléro de Ravel, Rhapsody in blue de Gershwin, Casse-Noisette de Tchaikovski, City-Lights de Chaplin avec la projection du film) et récemment au prestigieux Grand-Théâtre de Genève, dans une production lyrique avec 90 enfants - Les Enfants du Levant - d’Isabelle Aboulker.

L’orchestre : un espace qui ne cesse de s’élargir

L’Orchestre du Collège, qui a le privilège d’une éternelle jeunesse, regroupe désormais une formation symphonique complète d’environ 90 musiciens âgés de 14 à 19 ans provenant des 11 Collèges de la République et Canton de Genève.

Entre les grandes œuvres du répertoire symphonique et choral - avec le chœur des Collèges Calvin, de Candolle, Voltaire et N.-Bouvier regroupant 70 choristes - de nombreuses créations d’œuvres de commandes, la collaboration avec les grandes institutions artistiques professionnelles de Genève (avec l’OSR : Carmen de Bizet en 2007, Eh bien dansez maintenant de V. Cosma en 2009, avec le Grand-Théâtre et des écoles de danse), les musiques de film avec projection (Les Temps modernes de Chaplin).

Un orchestre qui a soif d’autres espaces

En 2006, l’Orchestre du Collège a été invité par le Festival of European Youth Orchestras en Toscane pour une tournée d’une semaine. En juillet 2008, il a franchi des frontières plus lointaines pour se produire à Pékin, Xian et Shanghai devant des auditoires prestigieux. Et le 11 septembre de la même année, il s’est produit sur la scène du prestigieux Auditorium Stravinski dans le cadre du Festival d’automne de Montreux.

Philippe Béran

Né à Genève en 1962, Philippe Béran mène parallèlement des études musicales et scientifiques avant de se consacrer à la direction d’orchestre. Premier prix de clarinette au Conservatoire de Genève puis au Conservatoire national de musique de Paris, il obtient en 1986 un diplôme de physique théorique à l’Université de Genève et quatre ans plus tard, un prix de direction d’orchestre au Conservatoire de Genève.

Il partage alors ses activités entre la direction d’orchestre — Opéra de Poche, Opéra-Théâtre, Camerata de Genève, Orchestre de l’Université de Genève, Orchestre du Collège de Genève — et un enseignement de mathématiques, de physique et de musique. Il a réalisé de nombreux enregistrements d’opéras pour enfants, de musique symphonique et de chambre avec ces formations comme avec l’Orchestre de Chambre de Lausanne.

La fondation suisse pour la culture, Pro Helvetia, l’a plusieurs fois associé à ses projets à l’étranger.

De 1997, date de sa nomination comme Chef d’orchestre associé de l’Opéra de Bordeaux, à 2000, ce ne sont pas moins de 150 représentations d’opéras, de ballets, de concerts symphoniques et de spectacles pour le jeune public que Philippe Béran a dirigés à la tête de l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine. Plusieurs reportages télévisés ont été réalisés à son sujet par France 2 et France 3, M6 ainsi que la Télévision Suisse Romande.
En plus du grand répertoire symphonique et lyrique, Philippe Béran a développé d’autres genres :

- les concerts commentés, concerts qu’il dirige, commente et anime, conçus pour faire découvrir de manière originale les répertoires symphonique et lyrique au jeune public, aux familles et en général à tous les nouveaux publics. A ce titre, Philippe Béran est responsable de l’action pédagogique de l’Orchestre de la Suisse Romande et de l’Orchestre de Chambre de Lausanne depuis septembre 2002 et l’a été auprès du Bayerischer Rundkunk de Münich. En 2003, le Festival de Lucerne l’a invité à diriger au KKL une grande production pour jeune public.
- les ciné-concerts, qui consistent à accompagner l’orchestre, en direct, la projection de films, en particulier ceux de Charlie Chaplin et Buster Keaton.
-  les opéras par et pour enfants
- le ballet tant en Suisse et à l’étranger. Les ballets de l’Opéra de Bordeaux, de Nancy-Lorraine, du Grand-Théâtre de Genève et de l’Opéra de Nice l’associent très régulièrement à leurs productions. En décembre 2007, il a dirigé l’orchestre qui a donné plusieurs représentations du ballet Nutcracker au Lincoln Center de New York. Enfin, le nouvel Opéra de Pékin l’a invité a dirigé un de ses concerts d’inauguration en mars 2008.

Et ceux qui suivent régulièrement ses productions attendent avec impatience les prochains choix que vont lui dicter son imagination et son humour mêlés de sensibilité.


UN CHOEUR

Convoqué par le seul plaisir de chanter ensemble sous la direction d’un chef dont la renommée n’est plus à faire en Suisse romande, une centaine de choristes ont répondu à l’appel de l’Association du 450e à venir célébrer par la musique l’héritage qui passe de génération en génération à travers le Collège de Genève.
Une majorité d’entre ces choristes ont fait partie durant leurs années de Collège d’un des chœurs qui ont prospéré depuis une quarantaine d’année dans nos différents collèges. Certains d’entre eux ont déjà eu l’occasion d’interpréter le Messie de J.F. Haendel ; pour d’autres, c’est la découverte passionnante d’une œuvre qui n’a pas pris une ride depuis sa création ! Quelques collégiennes et collégiens d’aujourd’hui sont venus enrichir ces voix chevronnées.
Le rassemblement de ces chanteurs venus d’horizons variés est également l’occasion de partager la variété de leurs expériences ainsi que les divers répertoires abordés dans les chœurs qu’ils représentent. Décidément, le plaisir du chant est stimulant et au vu des liens qui se tissent, on se demande déjà si l’enthousiasme ne donnera pas lieu à de nouveaux projets…


UN CHEF DE CHOEUR

Originaire de Genève, Serge ILG obtient ses diplômes d’éducation musicale au Conservatoire de Musique. Il se consacre en premier lieu au chant et, peu à peu, se découvre une passion pour la direction de chœur. Il s’initie à cet art avec Michel Corboz avant de poursuivre son itinéraire avec Pierre Cao et Claire Marchand en France, où il obtient le Diplôme d’Etat de direction d’ensembles vocaux.

S’il aime explorer un vaste répertoire (souvent hors des sentiers battus) avec des chanteurs adultes, amateurs ou professionnels, son parcours musical l’amène parallèlement à se spécialiser dans la direction de chœurs d’enfants, notamment à Paris où il travaille comme chef assistant à la Maîtrise de la cathédrale Notre Dame, puis à la cathédrale de Rouen où il occupe le poste de Maître de chapelle et directeur du dispositif maîtrisien. Aujourd’hui, il enseigne au Conservatoire Populaire de Musique de Genève dans le cadre de sa Maîtrise où en 2006, il crée le Chœur de Jeunes du CPM.

Il dirige plusieurs chœurs en Suisse romande et intervient également comme formateur auprès des maîtres de musique des écoles ou encore comme chef invité lors de stages de chant choral.