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La Chine au XXIe siècle

Entre [...] = indications hors textes

 

Mythe et propagande nationaliste


Cela se passe en Chine le jour de la fête des morts, le 5 avril 2001, devant les plus grandes autorités chinoises.


" Nous tous, fils de la Chine, nous faisons offrandes de fleurs fraîches et de musiques rituelles afin de rendre hommage à notre ancêtre l'«empereur jaune» [l'empereur mythique] !"

Du haut de l'esplanade qui domine la vallée de Huangling, le maître de cérémonie lit son éloge devant une foule compacte : « Invoquons notre ancêtre pour qu'il nous accorde son secours bienfaisant et qu'il favorise la grandeur de l'Etat et la prospérité du peuple ! »

Son discours terminé, l'officiel effectue trois courbettes devant l'effigie impériale. Un orchestre enchaîne suivi de 34 coups de canons. 34 détonations pour les 34 régions de la grande Chine. Taïwan inclus."

par Frédéric Koller de retour du Shaanxi, in Le Courrier, 17 avril 2001.


 

Loi anti-sécession


Texte intégrale de la loi anti-sécession de la République populaire de Chine adoptée lundi 14 mars 2005 à Beijing lors de la 3e session de la 10e Assemblée populaire nationale. Cette loi menace Taïwan en cas de proclamation de l'indépendance de l'île. Ceci est la version française diffusée par l'Agence Chine Nouvelle (Xinhua).


"Loi anti-sécession
Article 1. La Loi est élaborée en vertu de la Constitution, dans le but de s'opposer à et de refréner la sécession de Taïwan de la Chine réalisée par les sécessionnistes au nom de l'" indépendance de Taïwan", de promouvoir la réunification nationale pacifique, de maintenir la paix et la stabilité dans le Détroit de Taïwan, de préserver la souveraineté nationale et l'intégrité territoriale de la Chine, et de sauvegarder les intérêts fondamentaux de la nation chinoise.

Article 2 . Il n'existe qu'une seule Chine dans le monde. La partie continentale de la Chine et Taïwan appartiennent tous les deux au même pays. La souveraineté nationale et l'intégrité territoriale de la Chine ne permettront aucune division. Sauvegarder la souveraineté nationale et l'intégrité territoriale de la Chine constitue l'obligation commune du peuple chinois dans son ensemble, y compris les compatriotes de Taïwan.

Taïwan est une partie de la Chine. L'Etat n'autorisera en aucun cas aux forces sécessionnistes de l'"indépendance de Taïwan" de séparer l'île de la Chine, sous quelque non ou par quelque moyen que ce soit.

Article 3 . La question de Taïwan est un problème légué par la guerre civile chinoise de la fin des années 1940.

La solution de la question de Taïwan et l'achèvement de la réunification nationale constituent les affaires intérieures de la Chine, et ne font l'objet d'aucunes inférences de la part de forces extérieures.

Article 4 . Accomplir l'immense tâche de la réunification de la mère patrie est l'obligation du peuple chinois tout entier, y compris les compatriotes de Taïwan.

Article 5 . L'adhésion au principe d'une seule Chine est la base de la réunification pacifique du pays.

Réunifier le pays de manière pacifique répond parfaitement aux intérêts fondamentaux des compatriotes des deux rives du Détroit de Taïwan. L'Etat fera tout son possible avec la plus grande sincérité afin d'achever la réunification pacifique.

Après la réunification pacifique du pays, Taïwan pourra pratiquer des systèmes différents de ceux appliqués dans la partie continentale de la Chine et jouira d'une haute autonomie.

Article 6 . L'Etat prendra les mesures ci-après afin de maintenir la paix et la stabilité dans le Détroit de Taïwan et de promouvoir les relations entre les deux rives du détroit:

encourager et faciliter les échanges du personnel dans le détroit pour intensifier davantage la compréhension mutuelle et la confiance réciproque.

encourager et faciliter les échanges et la coopération économique, réaliser des liaisons commerciales, postales, aériennes et maritimes directes, et établir des rapports économiques plus étroits entre les deux côtés du détroit.

encourager et faciliter les échanges entre les deux côtés du Détroit de Taïwan en matière d'éducation, de sciences et technologies, de culture, de santé et de sports, et travailler ensemble à la promotion des traditions culturelles chinoises.

encourager et faciliter la coopération dans le détroit en terme de lutte contre les crimes.

encourager et faciliter d'autres activités favorables à la paix et à la stabilité dans le détroit de Taiwan et renforcer les relations entre les deux côtés.

L'Etat protège les droits et intérêts des compatriotes de Taïwan conformément à la loi.

Article 7 . L'Etat favorise l'achèvement de la réunification pacifique par des consultations et négociations sur la base de l'égalité entre les deux rives du Détroit de Taïwan. Les consultations et négociations seront menées graduellement et par modalités flexibles et variées.

Les deux côtés du Détroit de Taïwan procéderont à des consultations et négociations sur les aspects suivants:

Mettre officiellement fin à l'état d'hostilité entre les deux côtés.

Promouvoir le développement des relations dans le Détroit de Taïwan.

Préparer à la réunification nationale pacifique.

Le statut politique des autorités taïwanaises.

Le rôle régional de Taïwan dans les opérations internationales en compatibilité avec son statut.

D'autres aspects relatifs à l'achèvement de la réunification nationale pacifique.

Article 8 . Au cas où les forces séparatistes de l'" indépendance de Taiwan" agiraient, sous quelque prétexte et manière que ce soit, dans le but de séparer Taïwan de la Chine, ou que de majeurs incidents provoquant la sécession de Taïwan de la Chine se produiraient, ou encore que les possibilités de la réunification pacifique seraient complètement anéanties, l'Etat aura alors recours aux moyens non-pacifiques et autres moyens nécessaires pour protéger la souveraineté nationale et l'intégrité territoriale de la Chine.

Le Conseil des Affaires d'Etat et la Commission militaire centrale décideront d'utiliser des moyens non-pacifiques et de prendre d'autres mesures nécessaires proposées dans le paragraphe précédent et ils soumettront immédiatement un rapport au Comité permanent de l'Assemblée populaire nationale.

Article 9 . En cas d'utilisation et d'exécution de moyens non- pacifiques et d'autres mesures nécessaires comme ceux qui sont proposés dans la loi, l'Etat fera tout son possible pour protéger les vies, biens et d'autres droits et intérêts légitimes des citoyens taïwanais et des personnes de nationalité étrangère à Taïwan, dans le but de minimiser les pertes. En même temps, l'Etat protégera les droits et intérêts des compatriotes de Taïwan dans les autres parties de la Chine conformément à la loi.

Article 10 . La Loi entrera en vigueur à partir du jour de sa promulgation."


extrait du site du Quotidien du Peuple en ligne


 

L'impact économique de la Chine


« Le gigantisme de l'avion (le pays le plus peuplé de la planète), l'originalité  de son moteur (l'« hypercapitalisme ») et le moment de son envol (une heure de pointe) [internet, nouvelles technologies de la communication] : le cas chinois se différencie donc à bien des égards des décollages précédents. »

Erik Izraelewicz, « Quand la Chine change le monde », éd. Grasset, 2005, p. 19


« Quoi qu’il en soit donc, la Chine est et va être, au cours des vingt prochaines années au moins, le facteur principal de déstabilisation de l’économie mondiale. »

Erik Izraelewicz, « Quand la Chine change le monde », éd. Grasset, 2005, p. 21


 

La Chine de 2006 et la démocratie


« Qu'est-ce que la démocratie ? Si l'on se réfère aux travaux de Robert Dahl, son ouvrage Sur la démocratie (On Democraty) fait ressortir cinq critères : 1) la participation effective, 2) l'égalité devant le vote, 3) une transparence satisfaisante de la situation politique du moment, 4) le peuple est le juge de la politique en dernier recours, 5) le statut de citoyen pour toute personne adulte.

La Chine d'aujourd'hui répond grosso modo aux critères deux et cinq mais les critères décisifs que sont un et trois lui font défaut. Robert Dahl éclaircit certains points de la manière suivante : « La participation effective » signifie : « Avant qu'une décision politique soit appliquée par le corps social, chaque membre de ce corps social dispose d'une possibilité égale et efficace pour faire connaître aux autres ses positions par rapport à la décision politique en question » ; « une transparence satisfaisante de la situation politique du moment » signifie que, « dans un délai de temps raisonnable, tous les membres du corps social disposent de possibilités équivalentes et efficaces pour comparer les options politiques qui leur sont proposées, ainsi que leurs conséquences possibles ». Je considère que ces deux conditions recouvrent en réalité la liberté d'expression (y compris celle de publication).

Bien évidemment, dans n'importe quelle organisation sociale de dimension respectable, le recours aux médias est inévitable, pour que la liberté d'expression soit mise en pratique. Or les médias sont toujours inextricablement liés aux intérêts financiers, et c'est pourquoi les riches disposent parfois davantage d'occasions d'exprimer leurs opinions que les pauvres. Cette situation a donc des répercussions sur la qualité et le degré de démocratie mais cela n'interfère pas sur l'existence même de la démocratie. Par ailleurs, je considère qu'il ne faut pas surestimer le pouvoir de l'argent à propos des médias. En effet, lors des premières élections qui se sont déroulées dans bon nombre de pays de l'ancienne Europe de l'Est, les partis de l'opposition l'ont emporté alors que le Parti communiste contrôlait encore la majorité écrasante des organes de presse, n'est-ce pas ?

Le quatrième point stipule que « le peuple est le juge de la politique en dernier recours », qu'il a le dernier mot, et c'est bien sûr primordial. En Chine, l'Assemblée nationale populaire (ANP) est considérée comme l'organe politique suprême ; cependant, lors de la tenue d'une assemblée plénière, un député lambda n'aura même pas l'occasion de prendre la parole devant l'ensemble de ses collègues. Il ne pourra s'exprimer que devant les sous-commissions. La prise de parole à l'Assemblée est tributaire de la décision du président de l'ANP. Il en va de même pour les assemblées au niveau des districts et des quartiers. La situation est identique dans les instances du Congrès, à tous les niveaux du PCC. Rien d'étonnant donc, si, lors de ces assemblées, les délégués ordinaires se transforment en automates destinés à entériner machinalement les décisions.

Depuis cinquante ans, le régime communiste chinois a connu plusieurs fois d'importantes passations de pouvoir d'un dirigeant à un autre, ainsi que des bouleversements en ce qui concernait la ligne politique à suivre, mais aucun de ces changements ne s'est déroulé au cours d'une réunion du Congrès du PCC ou de l'ANP. De toute évidence, ces deux instances ne servent qu'à apposer des tampons au bas des documents qui leur sont soumis. Cependant, j'ose affirmer que, dès que la Chine disposera d'une véritable liberté d'expression, ces institutions sauront adapter leur fonctionnement en réponse à ce qu'exigera vigoureusement l'opinion publique. Dès que les dirigeants auront perdu le contrôle de l'opinion, ils perdront aussi la possibilité qu'ils se réservaient d'avoir toujours le dernier mot sur les politiques à suivre. Voilà pourquoi je suis persuadé que, pour démocratiser un pays communiste, il est crucial de lutter pour obtenir la liberté d'expression. La mise en pratique de la liberté d'expression suit généralement un même schéma : avant un moment donné, les gouvernants peuvent encore condamner quelqu'un en l'accusant de crime de libre expression ; après ce moment précis, les dirigeants ne peuvent plus faire de la libre expression un crime. Alors, la démocratie est sur les bons rails. »


Hu Ping, Chine. A quand la démocratie ? Les illusions de la modernisation. Paris, l'aube, 2004/2007, pp. 55 – 58.



Dans ma page d'adresses vous trouverez des liens avec ce sujet : Chine (dans Relations internationales)

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