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Incas et colonisation du Pérou

6 pages A4, 12 documents

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Un conquistador


"Il y avait parmi les compagnons de Pizarre un Grec, nommé Pierre de Candie, homme fort et bon chrétien. Il revêtit une cotte de mailles qui lui descendait jusqu'aux genoux ; il coiffa un casque, il ceignit son épée, prit un bouclier d'acier et, dans sa main droite, une croix de bois qui mesurait bien trois pieds de long, laquelle lui paraissait arme plus sûre que toute autre. Ainsi équipé il descendit à terre. Et il s'en fut vers la ville, levant haut la tête, comme s'il était le maître souverain de cette terre qu'il foulait pour la première fois. Les Indiens s'étonnèrent fort de voir avancer ce grand homme barbu et couvert de fer, car ils n'avaient jamais vu être semblable."

Extrait de Garcilaso de la Vega, Commentaires royaux, 1609. In Histoire Géographie, initiation économique 5e, Paris, Hachette, 1995

 


 

Les courriers dans l'Empire inca

"Ils appelaient chasqui les courriers qu'ils postaient sur les chemins, afin de savoir en peu de temps les ordres du roi, et porter les nouvelles et les avis des choses qui se passaient ou près ou loin dans ses provinces et ses royaumes (...). Celui qui apportait le message se mettait à crier quand il était en vue de la cabane, pour que celui qui devait partir à son tour se tînt prêt (...). D'autres messages étaient transmis, non verbalement, mais par écrit pour ainsi dire, bien que nous ayons dit qu'ils ne connaissaient pas l'écriture. Celle-ci était remplacée par des noeuds faits avec des fils de couleur différentes, rangés par ordre (...). Ces noeuds étaient comme autant de chiffres grâce auxquels l'Inca et ses gouverneurs s'entendaient et savaient ce qu'il fallait faire (...). Les fils ainsi noués étaient appelés par les indiens quipu."

Extrait de Histoire géographie, initiation économique 5e, s. d. Jeannine GUIGUE, Paris, Bordas, 1990




 

Les prédictions de Huayna Capac (empereur inca de 1493 à 1525)

"Il y a longtemps que nous savons, par une révélation de notre père le Soleil, que quand douze rois, ses enfants, auront régné, des gens nouveaux et inconnus viendront en ces régions gagneront et soumettront à leur autorité tous nos royaumes et bien d'autres encore. J'ai idée qu'ils seront de la nation de ceux qui, comme nous le savons, ont navigué près de nos côtes. Ils seront vaillants et l'emporteront sur vous en toutes choses. Nous savons aussi que c'est moi qui suis le douzième Inca. Je puis vous assurer que peu d'années après que je vous aurai quittés, ces étrangers arriveront, accompliront ce que notre père le Soleil nous a prédit, gagneront notre Empire et s'en rendront maîtres. Je vous ordonne de les servir et de leur obéir comme à des gens qui vous seront supérieurs en tout ; car leur religion sera meilleure que la nôtre, et leurs armes puissantes et invincibles. Vivez en paix, car pour moi je m'en vais me reposer avec mon père le Soleil qui m'appelle à lui."

Extrait de G. de la Vega, Commentaires royaux sur le Pérou des incas, François Maspero - La Découverte. In Histoire géographie, initiation économique 5e, s. d. Jeannine GUIGUE, Paris, Bordas, 1990




 

Le choix de l'empereur inca

" Ils choisissaient un des plus nobles de la race des rois précédents, homme vaillant rompu aux choses de la guerre, audacieux, plein d'ardeur et n'ayant pas l'habitude de boire du vin. Il fallait qu'il fût prudent, instruit (...) qu'il fût apte à bien parler, intelligent, discret."

Extrait de F. Bernardine de Sahagûn, Histoire générale des choses de la Nouvelle-Espagne, La Découverte - Maspero. In Histoire géographie, initiation économique 5e, s. d. Jeannine GUIGUE, Paris, Bordas, 1990




 

La prise de pouvoir d'Atahualpa, et l'affaiblissement de la noblesse inca

"Ayant conquis la couronne par la force, Atahualpa connaissait toute la précarité de sa situation (...). Il lui parut donc (...) que le seul moyen d'écarter à tout jamais un risque aussi grave était de faire disparaître, en une fois, non seulement tous les Incas légitimes qui avaient droit à la succession impériale, mais aussi tous les enfants naturels qui pouvaient être tentés d'agir comme lui, maintenant que son mauvais exemple avait ouvert la porte à toutes les ambitions. Non content d'avoir immolé ses 200 frères, il fallut qu'il sacrifiât encore ses cousins, ses oncles et tous ses parents, légitimes ou bâtards, jusqu'au quatrième degré. Les uns furent égorgés, les autres pendus ; d'autres jetés dans des lacs et des fleuves, une pierre au cou, ou bien précipités du haut des rochers."

Extrait de G. de la Vega, Commentaires royaux, 1609. In Histoire géographie, initiation économique 5e, s. d. Jeannine GUIGUE, Paris, Bordas, 1990



 

La répartition des terres de l'ayllu

"Aussitôt qu'un Inca victorieux avait conquis quelque royaume ou quelque province, [l'Inca] donnait l'ordre d'augmenter les terres labourables [c'est-à-dire celles qui portaient le maïs] (...). Après qu'ils avaient fait les canaux, ils aplanissaient les champs en carrés, afin qu'ils fussent mieux arrosés ; pour aplanir plus facilement les tertres et les versants dont la terre était bonne, ils y faisaient des terrasses (...). Lorsqu'ils avaient augmenté la surface des terres, ils prenaient les dimensions de toutes celles de la province, et en faisaient trois parts, dont la première était pour le soleil, la seconde pour le roi et la troisième pour ceux du pays (...). Quand il était temps de labourer et de cultiver les terres, ils y procédaient comme en tout le reste dans l'ordre requis. Ils labouraient premièrement celles du soleil, puis celles des veuves et des orphelins et des personnes qui en étaient empêchées par la vieillesse ou la maladie (...). Les terres des pauvres une fois labourées, chacun labourait les siennes, et ils s'aidaient mutuellement. Puis ils travaillaient celles du curaca (1), qui devaient être les dernières labourées dans chaque ville et chaque province (...). Les terres du roi étaient labourées les dernières."

Note 1. Curaca : chef d'une communauté paysanne.

Extrait de G. de la Vega, Commentaires royaux, 1609. In Histoire géographie, initiation économique 5e, s. d. Jeannine GUIGUE, Paris, Bordas, 1990




 

Le temple du Soleil

"Les murs étaient entièrement couverts d'or. L'image du dieu Soleil qui surmontait l'autel était faite d'une plaque d'or deux fois plus épaisse que celles qui revêtaient les murs ; elle formait un visage circulaire entouré de flammes et occupait tout le fond du temple, d'un mur à l'autre.

De part et d'autre de ce soleil se trouvaient les momies des anciens rois incas, si bien conservés qu'ils paraissaient vivants. Ils étaient assis sur leurs trônes d'or, élevés sur des marches de même métal, et regardaient les visiteurs. Toutes les portes du temple étaient couvertes d'or. Une bande du même métal, large de plus de trois pieds, couronnait à l'extérieur les murs du temple. Ce temple était orné de cinq fontaines dont les conduites étaient faites d'or massif."

D'après l'Inca Garcilaso de la Vega, Commentaires royaux, 1609. in Histoire Géographie, initiation économique 5e, Paris, Hachette, 1995

 


 

Enterrement de l'Inca

"Les Incas, avant leur enterrement, étaient embaumés en arrangeant les yeux et le visage comme s'ils étaient vivants. Ils étaient ensuite enterrés avec beaucoup de vaisselle d'or et d'argent, en même temps que les pages, valets et femmes qu'ils avaient aimés durant leur vie."

Extrait de COLL., Histoire-Géographie 5e, initiation économique, Paris, Nathan, 1987


 

L'Evangile présenté à Atahualpa


"Il entrait toujours du monde dans la place : un chef indien de l'avant-garde monta à la forteresse où était l'artillerie, et leva deux fois une lance comme pour donner un signal. dès que le gouverneur le vit, il demanda à frère Vincent de Valverde s'il voulait aller parler à Atahualpa avec un truchement : celui-ci y consentit et s'avança en tenant un crucifix d'une main et la Bible de l'autre. Il passa au milieu des Indiens, parvint jusqu'à Atahualpa, et s'exprima ainsi par la voix de son interprète : " Je suis un prêtre de Dieu ; j'enseigne aux chrétiens les choses du Seigneur, et je viens les enseigner à vous aussi ; j'enseigne ce que Dieu nous a appris et ce qui est contenu dans ce livre. C'est en cette qualité que je te prie, de la part de Dieu et des chrétiens, d'être leur ami, car Dieu le veut, et tu t'en trouveras bien. Va parler au gouverneur qui t'attend. " Atahualpa demanda qu'on lui donnât le livre pour le voir, et on le lui remit fermé. Comme il ne pouvait pas l'ouvrir, le religieux étendit le bras pour lui montrer comment il fallait s'y prendre. Atahualpa lui donna avec dédain un coup sur le bras, ne voulant pas le permettre ; et en s'efforçant de l'ouvrir il y réussit. Il ne s'étonna pas de voir les caractères ni le papier, comme les autres Indiens et il le jeta à cinq ou six pas de lui. Il répondit avec beaucoup d'orgueil et en ces termes au discours que le moine lui avait fait entendre par le truchement : " Je suis bien instruit de ce que vous avez fait sur votre route, et comment vous avez traité mes caciques et pillé les maisons, Le frère Vincent lui répondit : " Les chrétiens n'en ont pas agi ainsi ; quelques Indiens ayant apporté des effets sans que le gouverneur en fût instruit, il les a renvoyés. " " Eh bien ! reprit Atahualpa, je ne bougerai pas d'ici que vous ne m'ayez tout rendu. " Le religieux retourna près du gouverneur avec cette réponse. Atahualpa se leva sur sa litière, et exhorta les siens à se tenir prêts. Le frère Vincent raconta au gouverneur ce qui s'était passé avec Atahualpa, et qu'il avait jeté à terre la sainte Écriture."

Extrait de Francisco de Jérez, La Conquête du Pérou, éd. A. M. Métaillé, 1982
Cité dans CHALIAND Gérard, Anthologie mondiale de la stratégie : des origines au nucléaire, Paris, Laffont (coll. Bouquins), 2001

 

récit plus complet et capture d'Atahualpa

Capture d'Atahualpa


Francisco Jerez était le secrétaire de Francisco Pizarro. C’est à Cajamarca qu’il écrivit la Conquête du Pérou et la rencontre célèbre du conquistador et de l’Inca Atahulapa (Atabalipa dans le texte).

« Le gouverneur voyant que le soleil allait se coucher, qu’Atabalipa ne bougeait pas et qu’il sortait toujours des trompes de son camp, lui envoya dire par un Espagnol d’entrer dans la place, et de venir le voir avant qu’il fût nuit. Quand le message fut en  présence d’Atabalipa, il le salua et lui fit signe de se rendre près du gouverneur ; aussitôt le prince se mit en marche avec ses gens. (...) Dès que l’avant-garde commença à entrer dans la place, une troupe d’Indiens, couvert d’une espèce de livrée de diverses couleurs disposées comme les cases d’un échiquier, marchait en tête pour balayer la route. Après eux venaient en chantant et en dansant trois autres pelotons vêtus d’une façon différente, puis une multitude de gens couverts d’armures, portant  des  couronnes d’or et d’argent.  Au milieu d’eux était Atabalipa, dans une litière  garnie de plumes de perroquets de toutes sortes de couleurs, et enrichie de lame d’or et d’argent . Un grand nombre d’Indiens le portaient sur leurs épaules ; deux autres litières et deux hamacs, dans lesquels étaient les personnages principaux, le suivaient. Une multitude de gens divisés en colonnes marchaient ensuite, et portaient des couronnes d’or et d’argent. (...) Quand Atabalipa fut arrivé au milieu, et fit arrêter tout le monde, et il ordonna que l’on continuât de tenir élevée sa litière et les autres. (...) Dès que le gouverneur le vit, il demande a frère Vincent de Valverde  s’il voulait aller parler à Atabalipa  avec un truchement : celui-ci y consenti (...), et s’exprima ainsi par la voix de son interprête : ‘’ Je suis un prêtre de Dieu ; j’enseigne aux chrétiens les choses du Seigneur, et je viens les enseigner à vous aussi ; j’enseigne ce que Dieu nous a appris  et ce qui est contenu dans ce livre. C’est en cette qualité que je te prie, de la part de Dieu et des chrétiens, d’être leur ami, car Dieu le veut, et tu t’en trouveras bien. Va parler au gouverneur qui t’attend .’’ Atabalipa demanda qu’on lui donnât le livre pour le voir, et on lui remit fermé (...).Il ne s’étonna pas de voir les caractères ni le papier, comme les autres Indiens, et il le jeta à cinq ou six pas de  lui . Il répondit (...):‘’ Je suis bien instruit de ce que vous avez fait sur votre route, et comment vous avez traité mes caciques et pillé les maisons .’’ Le frère Vincent lui répondit : ‘’ Les chrétiens n’en ont pas agi ainsi : quelques Indiens ayant apporté des effets sans que le gouverneur en fût instruit, il les a renvoyés ‘’ – ‘’ Eh bien ! reprit Atabalipa, je ne bougerai pas d’ici que vous ne m’ayez tout rendu. ‘’ (...) Le frère Vincent raconta au gouverneur ce qui s’était passé avec Atabalipa, et qu’il avait jeté à terre la sainte Ecriture. A l’instant même Pizarre revêtit une cuirasse rembourée de coton, (...) traversa au milieu des Indiens avec les Espagnols qu’il avait gardés près de lui, (...), il parvint jusqu’à la litière d’Atabalipa, puis sans la moindre craintes il lui saisit le bras gauche en s’écriant :’’Santiago !’’ (...) on entendit (...) le son des trompettes : toute la cavalerie et les fantassins sortirent. Dès que les Indiens virent galoper les chevauy, tous quittèrent la place, et (...) un grand nombre tombèrent les uns sur les autres. Les cavaliers passèrent sur eux en les tuant et en les blessant (...). Le gouverneur tenait toujours Atabalipa par le bras, ne pouvant pas le tirer en bas de son bancard parce qu’il était t rop élevé. Les Espagnols tuèrent assez de porteurs pour que la litière tombât, et le gouverneur avait protégé Atabalipa, (...). En le défendant il fut légèrement blessé à la main. (...) Tous ceux qui composaient la garde d’Atabalipa étaient des gens de distinction. Le gouverneur retourna à son habitation avec son prisonnier, dépouillé de ses vêtements que les Espagnols lui avaient arrachés en essayant de le faire descendre de sa litière. C’est une chose merveilleuse de voir un prince si grand et si puissant fait prisonnier en si peu de temps. (...) ; il le fit habiller, et le consola (...), il lui dit : ‘’ Ne sois pas honteux d’avoir été vaincu et fait prisonnier : les chrétiens que je conduis sont il est vrai un peu nombreux, (...) mon maître est le roi d’Espagne et du monde entier. Nous sommes venus par son ordre conquérir ce pays pour que tous aient la connaisance de Dieu et de la sainte foi catholique (...). Nous sommes venus pour que tu apprennes à connaître le Seigneur, et que tu abandonne cette existence diabolique et brutale dans laquelle tu vis. (...) Quand tu connaîtras l’erreur dans laquelle tu as vécu, tu sauras combien il est avantageux pour toi que nous soyons venus (...). Nous traitons avec humanité nos ennemis vaincus ; nous ne faisons la guerre que quand ils nous attaquent, et , (...) nous leur pardonnons. Lorsque je tenais en mon pouvoir la cacique de l’île , je l’ai remis en liberté , afin qu’il se conduisît bien à l’avenir . (...) Si nous nous sommes emparés de ta personne, et si nous avons tué tes gens, c’est parce que tu es arrivé avec une armée nombreuse quand nous t’avions fait prier de te présenter en ami, c’est parce que tu as jeté par terre le livre qui contient la parole de Dieu. […]‘’ Atabalipa répondit […] : ‘’ Mes officiers m’ont trompé, […], mon intention était de venir en ami, ils n’ont pas voulu y consentir. Tous ceux qui m’ont donné conseil ont été tués. J’ai bien vu la bonté et le courage des Espagnols, et que Mayzabilica les a calomniés.’’ »

Francisco Jerez, La Conquête du Pérou, A.M. Métailié 1982

Tiré du livre : Carmen BERNAND, « Les Incas Peuple du Soleil », pp. 130- 133, 1998



 

Nouveautés des armes européennes

Pendant toute l'action aucun Indien ne fit usage de ses armes contre les Espagnols, tant fut grande leur épouvante en voyant Pizarro au milieu d'eux, le galop des chevaux, et en entendant tout à coup les décharges de l'artillerie. C'étaient des choses nouvelles pour eux, et ils cherchaient plutôt à s'enfuir qu'à combattre."

Extrait de Francisco de Jérez, La Conquête du Pérou, éd. A. M. Métaillé, 1982
Cité dans CHALIAND Gérard, Anthologie mondiale de la stratégie : des origines au nucléaire, Paris, Laffont (coll. Bouquins), 2001

 


 

Le manque de main d'oeuvre au Pérou à la fin du XVIe s.


"Comme le principal capital et la principale richesse de ce Royaume consistent dans le service des Indiens, personne n'est satisfait du nombre de ceux qu'il a reçus par la voie de la répartition légale, et les plus démunis ou les plus déçus cherchent à s'en procurer par voie de négociations avec les caciques * et avec les représentants de la Justice, sans se faire scrupule, quelquefois, de recourir à des moyens malhonnêtes."


* Chef indien en Amérique.

Rapport sur le Potosi du vice-roi D. Luis de Velasco



 

Les Indiens du Pérou devant la Conquête espagnole (1530-1570).

«Ils disaient qu'ils avaient vu arriver dans leur pays des êtres très différents de nous, tant par les coutumes que par le vêtement : ils ressemblaient à des «Viracochas», nom par lequel nous désignions, jadis, le Créateur de toutes choses... Et ils appelèrent ainsi les êtres qu'ils avaient vus d'une part parce qu'ils différaient beaucoup de nous, de visage et de costume, d'autre part parce qu'ils les voyaient chevaucher de très grands animaux aux pieds d'argent : cela à cause de l'éclat des fers. Et ils les appelaient ainsi, également, parce qu'ils les voyaient parler à loisir au moyen de draps blancs, comme une personne parle avec une autre : et cela à cause de la lecture des livres et des lettres. Ils les appelaient «Viracochas», encore, à cause de leur aspect remarquable ; il y avait de grandes différences entre les uns et les autres : certains avaient une barbe noire, d'autres une barbe rousse. Ils les voyaient manger dans des plats d'argent. Et ils possédaient aussi des Yllapas, nom que nous donnons à la foudre : et cela à cause des arquebuses, parce qu'ils croyaient qu'elles étaient le foudre du ciel.»

in La vision des vaincus (Gallimard, 1971)

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