lundi 5 décembre 2011
à 15h10, par Pascal Rouget
Bonjour,
pour commencer, deux mots pour me situer : je suis enseignant d’informatique et d’histoire au CO, dans un établissement « pilote ».
Tout d’abord, pour mettre Roberto et Tobias d’accord (?), je voulais dire qu’il y a certes bien eu -d’après mes vagues souvenirs- « consultation », mais sous la forme d’un email envoyé par un collègue de l’établissement, à un moment de l’année où les boîtes email étaient particulièrement chargées (-i.e. la fin de l’année scolaire) soit dit en passant.
Ceci amène mon premier grand étonnement : si nous sommes effectivement dans un projet pilote, je me demande combien de collègues le savent vraiment... Ils ont sans doute tous subit les changements inhérent à ce statut (passage à Linux et LibreOffice), avec leurs lots de soucis, mais en saisissent-ils les enjeux ? Je n’en suis pas certain...
En effet, il est étonnant qu’alors qu’on parle de « projet pilote », rien n’ait été fait d’un tant soit peu « officiel » pour le présenter dans les détails aux enseignants à son lancement d’abord, pour assurer un suivi clair et visible tout au long de son déploiement (à part nos pauvres collègues référents qui font comme ils peuvent pour corriger les nombreux bogs qui surviennent, et je les en remercie vivement au passage !) ensuite, et pour finalement mener une évaluation digne de ce nom (je ne juge pas du contenu de l’email mentionné ci-dessus, mais bien de la forme globale qu’ a prise cette « consultation » : il me semble qu’on aurait pu attendre une plus grande implication de la part des instances pilotant le projet et, au minimum, un cadre -pour ne pas dire un « visuel »- officiel...). Cela semble pourtant possible puisque j’ai pu accéder à ce mini-forum suite à l’envoi d’un email envoyé par le SEM et diffusé à large échelle !
Dès lors, je ne m’étonne pas du peu de réaction dans notre établissement... Et c’est sur cette base (une « consultation » officieuse et, peut-être encore, ce forum, avec une demi-douzaine d’intervenants, dont la moitié portent le projet...) que seront prises les futurs décisions ?
Puisque j’ai bien lu qu’il ne s’agit pas d’une « une migration aveugle qui ne tiendrait pas compte des réalités du terrain », je suis rassuré. Mais puisqu’il s’agit aussi d’une décision politique claire et répétée dans ce sens, aura-t-on vraiment le courage d’y renoncer, si on se rend compte que cela ne convient pas ?
Mon deuxième grand étonnement concerne justement cette analyse des « réalités du terrain ». Ce que j’entends au quotidien en salle de travail, concrètement, c’est plutôt des collègues qui se « plaignent » (c’est encore gentil) des problèmes de compatibilité et surtout de mise en page avec le traitement de texte... D’autres changent d’ordinateur pour rejoindre Apple. Mais le plus inquiétant, c’est la résignation qui règne ; parce que la décision semble déjà prise ?
Est-il normal que, en venant travailler dans notre établissement, il nous faille reprendre toute la mise en page d’un document préparé à la maison, et perdre ainsi un temps énorme et précieux ? Il ne s’agit pas uniquement d’une question de formation, loin de là. Pour rappel : les enseignants travaillent beaucoup avec des images intégrées dans du texte (je pense à l’histoire pour ce qui me concerne, mais aussi à la biologie, la géo...). Or, la suite OpenOffice, puis maintenant LibreOffice (puis... ?), n’est vraiment pas satisfaisante à ce niveau-là. Certaines personnes convaincues par les logiciels libres le reconnaissent d’ailleurs...
Pourquoi donc ne pouvons-nous pas disposer d’outils compatibles avec les standards les plus utilisés et surtout qui soient efficaces pour faire notre travail à l’école, comme cela se fait dans la plus grande majorité des entreprises (je ne parle même pas du matériel fourni par l’entreprise et des offres pour pouvoir s’équiper à la maison) ? Pourquoi en sommes-nous contraints de transformer nos documents en format .pdf à la maison pour pouvoir les lire correctement sur notre lieu de travail ? Et si par malheur nous devons y apporter des modification de dernière minute à l’école, perdre du temps à tout remettre en page ? Bref, être contraint à faire du bricolage...
La réflexion autour des logiciels libres est certes louable et légitime (en ceci, je rejoins complètement le commentaire de Tobias), mais elle ne doit pas, il me semble, péjorer nos conditions de travail. Dès lors, la proposition de Tobias (deux profils) me semble bien plus constructive. Elle permettrait de sensibiliser les élèves (et les profs) aux logiciels libres, de les avoir à disposition tout en laissant un libre choix, d’avoir un programme commun compatible (pour les travaux à domicile des élèves par exemple), tout en permettant à ceux qui en ont le besoin d’utiliser des logiciels performants adaptés à leur travail (suite MS Office).
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